jeudi 31 décembre 2015

Les boucans de la baie en 2015

Chaque 30 décembre depuis 18 ans il y a les Boucans de la Baie. C'était la 17 e édition, puisque pour cause de crise les boucans de la baie avaient étaient annulés une fois.
Les Boucans de la baie sont un gigantesque feu d'artifice accompagné d'une nocturne des musées du centre ville de Fort-de-France et d'un grand concert. Les restaurants de la capitale font aussi des remises aux clients. Cette année le concert était avec le groupe martiniquais mythique la Perfecta.










vendredi 25 décembre 2015

Le Chanté Nwel martiniquais

Noël aux Antilles, a une importance capitale, en plus d'un repas de Noël créole à base de viande de cochon, boudins créole, pâtés,igname,poids d'angoles, jambon fumé de Noël etc , il y a la tradition des "Chanté Nwel".
Qu'est-ce qu'un "Chanté Nwel"?
Les Chanté Nwel remontent à l'époque de l'esclavage. Les esclaves se réunissaient entre-eux et reprenaient les chants de Noël apportés par les colons, avec leurs instruments de fortune comme le tambour , la flûte des mornes etc. Traditionnellement ils commençaient lors de l'Avent.
Ces rassemblements d'esclaves étaient mal-perçus par les Maîtres ! Car selon-eux comment pouvait-on louer Dieu en haillons et au son d'un instrument tel que le tambour! C'était considéré comme un manque de respect!
"Chanté Nwel" à l'époque de nos arrières-grands parents et nos grands-parents c'était se réunir entre voisins, familles, et alliés et chanter des vieux cantiques de Noël, au son du tambour , des chachas (maracas créoles) et des ti-bois (ti-bwa) dans une grande convivialité. Les mélodies entonnées lors des Chanté Nwel sont issues pour la plupart des répertoires chrétiens catholiques (Gloria, Minuit Chrétien) et des chants traditionnels des provinces françaises(Sus sus bergers). Certaines ont été inventées de toute pièce comme le fameux "Manmay la pran Kantik" la de Loulou Boislaville , à qui on doit la résurgence des chanté Nwel qui étaient tombés pendant des décennies en désuétude aux Antilles.
Les chants sont agrémentés de ritournelles (des petites histoires anecdotiques créées par les esclaves)

Lors des chanté Nwel traditionnels, chaque personne ramenait une bouteille soit d'alcool(liqueur, shrub ,rhum, punch etc) ou de jus local (sirop de grosèy-péyi,jus de canne, goyave etc..) ou un plat fait-maison, des pâtés au cochon,du boudin créole etc. On chantait jusqu'à tard la nuit!
Photos Ryannworld (N.Raymonde) Groupe KZWill
festival de la grosey péyi à Fort-de-France!













Aujourd'hui les Chanté Nwel sont devenus pour la plupart payants. Les instruments sont aussi plus modernes. En effet la guitare,le piano, le saxophone etc. s'ajoutent aux "Tak pitak tak" des ti-bwa (Ti-bois) 
On fait aussi de grands rassemblements gratuits sur les places publiques de Martinique, parfois à 4 heures du matin. Cependant dans nos campagnes martiniquaises notamment au Vert-Pré (faubourg de la ville du Robert) la tradition du "kouri Nwel" (  c'est à dire passer de maison en maison et partager un verre ou un repas de Noël) existe encore. On en profite pour faire la Ribote c'est à dire manger chez l'habitant jusqu'à satiété.
 Les chantés Nwel sont donc, une belle tradition ancestrale, héritée de nos ancêtres esclaves venus d'Afrique.
Merci à feu Loulou Boislaville d'avoir contribué à enrichir notre patrimoine grâce au travail de recherche effectué sur  les chanté Nwel!

Joyeux Noël à tous!